Immobilier : la crise s’installe en Ile-de-France

Avec des ventes de logements en recul de 34 % au 3 ème trimestre 2023, le marché de l’ancien s’enfonce dans la crise en Ile-de-France tout comme les prix en baisse. Pas d’éclaircie immédiate pour le marché francilien.

Maison en Ile-de-France

« C’est une crise longue ! » Sans surprise, Elodie Frémont, présidente de la commission statistiques des notaires du Grand Paris, a confirmé les observations de nombreux acteurs du marché immobilier depuis plusieurs mois. Le marché immobilier de l’Ile-de-France s’enracine dans la crise. Depuis cinq trimestres consécutifs, le volume des ventes ne cesse de baisser. Seuls 35 460 logements dans l’ancien ont été vendus au 3 ème trimestre 2023, un chiffre en diminution de 34 % par rapport au 3 ème trimestre 2022. La hausse rapide des taux d’intérêt a dissuadé de nombreux acheteurs de passer à l’acte.

Les maisons plus impactées que les appartements

Ce repli de l’activité n’a pas touché de la même façon l’ensemble des typologies de logements. Si les ventes d’appartements enregistrent une baisse de 20 % sur douze mois, le recul des maisons est beaucoup plus marqué avec une chute de 26 %. Pourquoi ? L’euphorie des achats de maisons consécutive à la crise sanitaire a asséché l’offre, devenue plus limitée. La hausse du prix du carburant a aussi dissuadé certains particuliers d’acheter une maison qui peut nécessiter l’utilisation d’un ou deux véhicules au quotidien. « La mobilité a été directement impactée par le coût des transports », observe Elodie Frémont.

Évolution des ventes de maisons en Ile-de-France
Source : Notaires du Grand Paris

Des acquéreurs qui négocient fermement

Moins nombreux, les acquéreurs de maisons sont désormais beaucoup plus exigeants sur la qualité des biens visités. Ils ont notamment négocié une baisse systématique du prix de vente en intégrant le coût des travaux indispensables pour diminuer la consommation énergétique. Les prix se sont repliés de 5 % sur un an en moyenne.

Baisse des prix amplifiée

Selon les projections des notaires, les tendances baissières tant sur le nombre de transactions que sur les prix se poursuivent. Les prix des appartements régressent de 7 %, atteignant 6 250 € le m². Les maisons sont logées à la même enseigne avec un recul de 7,3 % soit un prix médian à 337 900 €, ce qui constitue le plus fort repli observé sur la dernière décennie.

Évolution des prix des appartements en Ile-de-France
Source : Notaires du Grand Paris

Le marché de l’ancien pourrait cependant trouver un plancher grâce à la chute des réservations de logements neufs. C’est la thèse avancée par Thierry Delesalle, notaire : « La chute du neuf pourrait freiner la baisse de prix dans l’ancien ». Faute d’une offre suffisante dans la promotion neuve, certains acquéreurs pourraient se reporter vers l’ancien, venant ainsi soutenir les prix.